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Étudier le camfranglais : recueil des données et transcription (Carole de Féral, juillet 2005)

Etudier le camfranglais : recueil des données et transcription

 

1. Recueil des données et objet de description

1.1. Le problème du « paradoxe de l’observateur »

Dans le projet que j’ai proposé pour constituer une équipe virtuelle sur les français identitaires, j’ai souligné l’importance qu’il y avait à recueillir des interactions verbales spontanées, c’est à dire l’importance de régler, autant que faire se peut, le « paradoxe de l’observateur » (« observer la façon dont les gens se servent du langage quand on ne les observe pas », Labov, 1976 : 116). En effet, si pour l’élaboration d’un inventaire lexical, on peut se contenter d’énoncés recueillis après avoir demandé à des locuteurs de « parler camfranglais », on ne peut, pour essayer de cerner l’objet « camfranglais » dans sa totalité, s’en tenir à ce type d’énoncés, produits dans le seul but de faire plaisir à l’enquêteur ou de mettre en valeur sa propre compétence en camfranglais. Dans ces conditions, en effet, on doit s’attendre à ce que les productions obtenues comportent une fréquence de termes perçus comme « camfranglais » beaucoup plus importante que ce que l’on va trouver dans des discours spontanés. Car ces termes « camfranglais » ne sont généralement pas utilisés à cause d’ un manque d’équivalents en français , comme c’est le cas de termes empruntés qui font référence à des realia locales (plats culinaires, danses, musiques etc.) : ils forment des doublets avec des termes appartenant au français courant. Et si le recours aux emprunts peut être systématique, dans des textes travaillés comme les chansons de rap, par exemple, l’alternance entre mot français et mot emprunté est relativement fréquente dans des discours spontanés comme dans cet extrait d’une conversation qui a été enregistrée entre des étudiants à Yaoundé en novembre 2004 :

nga/fille

La nga dit que ici là zéro + il a regardé la fille là comme ça là + il a regardé la fille là comme ça là cinq minutes + ses habits se sont brûlés + elle-même ne s’est pas brûlée + elle était nue dans le train ++ Il a regardé la fille cinq minutes + la nga était nue dans le train + sans caleçon + comme elle est née ++ Ses habits se brûlaient mais son corps ne chauffait pas

do/argent

L1 non tu sais quand on dit qu’il veut l’argent c’est parce que dès qu’il apprend qu’un ingénieur est performant quelque part il le prend ça veut dire qu’il veut toujours que son argent augmente L2 : il veut que + il veut toujours l’argent L1 : puisque tous les meilleurs dans le domaine informatique sont avec lui L2 : si on te donne cent mille par jour+ tu vas vouloir cent dix mille L1 : tu vois non + ça veut dire qu’il veut toujours que ses do augmentent

du/faire

L1 : Il est venu faire ça au Cameroun ? L2 : Mais chez lui non + il y a les Camer qui du ça non

1.2. Le problème de la non-systématicité du camfranglais

Cette alternance (ici entre les mots français argent, faire, fille et les mots d’origine anglaise/pidgin do, du, nga) est souvent interphrastique et on voit l’importance de ne pas limiter l’analyse au cadre de la phrase. En outre, dans certaines conversations, perçues comme étant en camfranglais par les Camerounais que nous avons interrogés, plusieurs phrases à la suite peuvent être très proches et même identiques au français standard, comme on peut le voir dans les échanges cités pour do et argent.

Il n’est donc pas obligatoire, pour parler camfranglais, de recourir à chaque fois que c’est possible à un terme camfranglais plutôt qu’à un terme en français courant, comme ce serait le cas si le camfranglais était une langue étrangère. Par conséquent, s’ il est nécessaire, dans un premier temps, d’établir un inventaire lexical des termes qui contribuent à donner une identité camfranglaise au discours, il faut se mettre en garde contre la tentation de regarder ce type d’ inventaire comme s’il s’agissait d’un dictionnaire bilingue. Par exemple, quand je consulte le glossaire de camfanglais sur cameroonline.org, et que je vois "acheter : buy" (exemple : j’ai buy un book, j’ai acheté un livre), je dois savoir que je suis en présence d’un énoncé tout à fait possible mais je dois savoir aussi que "j’ai acheté un buk" ou "j’ai buy un livre » seront également tout à fait possibles sans perdre pour autant leur identité camfranglaise. Et pour aller plus loin, je dirai que "j’ ai acheté un livre", conforme au français standard, peut faire partie d’un ensemble, plus grand que la phrase, qui sera perçu comme camfranglais à partir du moment où ailleurs dans l’intervention du locuteur (ou même plus loin dans la séquence des échanges analysés ?) se trouveront un ou plusieurs termes qui suffiront à donner une identité camfranglaise au discours. La question que l’on doit alors se poser c’est quelle unité d’analyse choisir.

Faire appel à un terme camfranglais n’est donc pas une contrainte linguistique mais un choix discursif, dont il nous appartient de découvrir les motivations. Ce n’est que le jour où faire appel à ces termes deviendra une contrainte, le jour où des termes comme nga, do, du remplaceront systématiquement « fille », « argent », « faire », que nous pourrons nous demander si nous ne sommes pas en train d’assister à la naissance d’une nouvelle langue.

Cette non-systématicité est une des raisons essentielles pour lesquelles on ne peut limiter la définition du camfranglais à un simple inventaire lexical. Un autre problème est celui de la non-spécificité de certains termes (la majorité ?) perçus comme camfranglais. Des mots comme skul, go (« école », « aller », empruntés à l’anglais/au pidgin « school », « go ») ou bachot, galère, ne sont pas spécifiquement « camfranglais » et ne peuvent être identifiés comme tels que s’ils sont actualisés dans un discours en français dans des circonstances bien déterminées (conversation entre jeunes Camerounais...). Quand un petit Français qui habite en France dit « on est go » (on est partis), il ne parle pas camfranglais, il parle juste comme un jeune Français. Mais si c’est une jeune Camerounais qui le dit à un autre jeune au Cameroun, il parle camfranglais. De même, galère et bachot, s’ils sont perçus comme camfranglais au Cameroun, sont considérés par des locuteurs français comme tout à fait hexagonaux (galère, « situation difficile » est cité dans Goudaillier 2001 et Seguin et Teillard 1996 mais il est également répertorié par Le Petit Larousse 2005 comme familier ; bachot, quant à lui, est qualifié par ce même dictionnaire de familier et de vieilli).

2. Le problème de la transcription

Transcrire un corpus, c’est faire des choix, savoir quel est le but de l’étude, tenir compte des problèmes que la méthode du recueil des données ou que les données elles-mêmes peuvent engendrer. Comme l’objet de l’étude n’est ni phonétique ni phonologique et que la langue étudiée est du français, une transcription du type GARS me semble être adéquate. Cependant, elle ne résout pas le problème posé par la transcription des emprunts, notamment ceux au pidgin/à l’anglais. En effet, il est impossible dans de nombreux cas, de décider si les emprunts d’origine anglaise sont des emprunts faits au pidgin ou directement à l’anglais puisque la grande majorité du lexique pidgin est d’origine anglaise.

Quand on regarde des extraits de corpus qui ont été transcrits par quatre auteurs différents. Que remarque-t-on ?

On remarque, tout d’abord que la graphie utilisée n’est pas homogène non seulement d’un transcripteur à l’autre mais aussi chez un même transcripteur : les mêmes critères ne sont pas appliqués à tous les termes On peut ainsi relever dans chaque corpus deux principaux types de transcription en concurrence : soit les emprunts au pidgin/à l’anglais sont transcrits selon l’orthographe anglaise (graphie étymologisante) soit on écrit ce qu’on entend (graphie phonologisante), en s’inspirant parfois de l’orthographe du français (graphie francisante). S’ajoutent à cela des transcriptions dont il est difficile de savoir à quels principes elles obéissent et que j’appellerai « indécises ».

Voici quelques exemples qui concernent des termes dont on ne peut décider s’ils ont été empruntés au pidgin ou directement à l’anglais.

2.1. Orthographe anglaise

do (faire) est transcrit dans les quatre corpus avec l’orthographe anglaise mais il a pour homographe, mais non homophone, do (< angl. dough ( ?) : « argent », « fric » ?).

Exemples : (1) ma rémé m’a gui le work à do (A) (2) c’est chacun qui do non ? (B) (3) il a do semblant de laugh (C) (4) elle pouvait tout do tout avoir (D) (5) il ne veut pas komot les do de sa poche pour buy (B) (6) tu as eu le ton, le ton de ne pas dépenser tes do de taco (A) (7) je n’avais plus les dos de takesh pour back à la piole (C) (8) j’ai give all mes ndo (C) (9) un djo qui a les dos qui a les dos mon ami (D)

Dans les exemples (1) à (4), il s’agit de du,transcrit selon l’othographe anglaise, mais dans les exemples (6) et (8), il s’agit de do, transcrit phonétiquement (do ndo) mais auquel on ajoute pour (7) et (9) la marque « s » du pluriel en français écrit(non prononcée).

2.2. Graphie anglaise/graphie francisante

Pour [gi](donner), on trouve selon les corpus soit l’orthographe anglaise, soit une graphie francisante (gui)

(8) j’ai give all mes ndo (C) (10) il gui cinquante kollos (D1) (11) ma remé m’a gui le work à do (A1)

2.3. Orthographe anglaise/graphie phonologisante

Dans l’extrait de corpus C est utilisée l’orthographe anglaise laugh (rire) mais dans B et D on préfère une graphie phonétique lap (selon les locuteurs on prononcera [lap] ou [laf]).

(12) Pourquoi tu lap  ? (D) (13) on a éclaté de lap (B) (14) il a do semblant de laugh (C)

Pour no, « savoir », alternent aussi, selon les corpus, orthographe anglaise (« know ») et graphie phonologisante (no). Mais on remarque dans A non seulement les deux graphies mais une troisième, « now », qui fait à tort penser à angl. now , « maintenant » :

(15) tu know que ma remé m’a gui le work à do (p. 173) (16) tu now que comme il y avait les mbindi il a voulu sortir (p. 173) (17) toi-même tu now (p. 174)

2.4. Graphie « indécise »

En revanche komot (angl. come out) ne bénéficie jamais de l’orthographe anglaise, sans doute parce que ce verbe, très courant en pidgin, a un signifié et une distribution qui se distinguent nettement de l’anglais come out. L’exemple (18) nous montre une transcription phonétique tandis que (19) et (20) illustrent ce que j’ai appelé plus haut une transcription indécise :

(18) il ne veut pas komot [« sortir »] les do de sa poche pour buy (B) (19) en comot ant (C) (20) il faut qu’on commot il faut qu’on commot ensemble (D)

2.5. Morpho-syntaxe

Si on ne prend pas un grand soin dans la transcription des données, celle-ci peut engendrer des erreurs dans l’analyse. Par exemple, choisir d’écrire came (ex. 21 à 24) est ennuyeux car si on se réfère au principe de la graphie francisante on va être tenté de prononcer [kam] et si on se réfère au principe de la graphie étymologisante on va être tenté de prononcer [kem] et de voir un temps passé de l’anglais pour l’énoncé 21 :

(21) je came du school (« je sors de l’école » et non « je suis sorti ») (A) (22) elle va came [...] donc au lieu de came il relance le huit là (B) (23) wait je came (C) (24) il est came (D)

Pour (25), loss ne pose pas de problème particulier, mis à part le côté arbitraire de sa transcription mais la graphie étymologisante lost (prétérit et participe passé de lose, « perdre ») dans les ex. 26 et 27 risque de conduire le transcripteur linguiste à analyser los comme le participe passé anglais, induit par la présence de l’auxiliaire « avoir » alors qu’il est bien plus vraisemblable (cf. 2.6.2.) de considérer los comme un emprunt au pidgin los (« perdre »). La transcription phonétique qui figure dans le corpus C indique bien d’ailleurs que le t de l’énoncé 27 n’est pas prononcé).

(25) mais est-ce qu’on loss le bac tchadien (B) (26) je n’ai rien lost (A) (27) donc j’ai lost (C)

Le corpus D présente le même problème avec changed :

(28) la vie a changed la vie a changed de sens (en note : prononciation sans "ed" ) (D)

2.6. Quelle transcription choisir ?

Choisir une transcription étymologisante exige que l’on connaisse l’origine de chaque terme, ce qui n’est pas toujours une condition remplie. Pour les emprunts aux langues camerounaises, en outre, il faut savoir que si certaines possèdent un et même plusieurs systèmes graphiques, ils sont d’un usage très restreint. Et on doit s’attendre à ce que ces systèmes ne soient en général pas connus des transcripteurs et encore moins des lecteurs. En ce qui concerne les emprunts au pidgin/ à l’anglais, choisir systématiquement l’orthographe anglaise pour des mots d’origine anglaise dont certains ont vraisemblablement transité par le pidgin incite à surévaluer le rôle de l’anglais et à occulter celui du pidgin comme langue prêteuse. Adopter une transcription phonologisante permet plus d’objectivité. Elle permet de laisser le doute lorsqu’on ne peut décider, selon des critères strictement linguistiques, s’il s’agit d’emprunts au pidgin ou à l’anglais et de ne pas occulter le rôle du pidgin pour des termes qui ,de toute évidence, sont des emprunts au pidgin, comme hia et mimba :

(28) il me dit qu’il hea bad, Monsieur, il commence à trembler (B2)

hia (pidg. hia hear, « entendre ») signifie ici, comme en pidgin, « se sentir ».

(29) quelque part je mimba -ais qu’il allait recame (C3)

mimba (pidg. mimba < angl. remember) ne signifie pas ici « se souvenir » mais « penser » conformément à son usage en pidgin. L’orthographe anglaise aurait ici non seulement occulté le rôle très vraisemblable du pidgin comme langue prêteuse mais n’aurait pu rendre compte de la disparition de la première syllabe en pidgin.

Choisir une transcription phonétique large, une transcription phonologisante, pour les mots qui ne sont pas reconnus comme étant du français me paraît donc être la solution la moins dangereuse. Evidemment, elle ne règle pas tout. Si dans un corpus on trouve pour « rire », [lap] en variation avec [laf], il faudra choisir. Mais on pourra toujours, en note, indiquer un écart par rapport à la norme de transcription.

2.6.1. Accord

Comment, cependant, régler le problème posé par l’accord ? Par exemple l’accord en genre et en nombre, présent à l’écrit en français mais souvent absent à l’oral ?

On a vu que pour do (ex. 5 à 9) qui semble être systématiquement précédé de l’article pluriel, le « s » était parfois noté (ex. 7 et 9) comme dans :

(30) ses dos sont bolé (D).

Dans ce dernier exemple, le fait que bolé, avec son accent aigu, soit de façon non ambiguë une transcription francisante nous fait nous demander pourquoi l’accord en nombre n’est pas noté pour ce terme (bolés) alors qu’il l’est pour do. D’un autre côté, la graphie francisante de bolé pourrait nous inciter à voir dans dos non pas do auquel est ajouté le pluralisateur « s » mais le substantif français « dos » !

A partir du moment ou les termes non reconnus comme français ont une graphie phonologisante et se distinguent bien du reste de l’énoncé — à l’aide de caractères gras, par exemple —, qui est écrit conformément aux règles de l’orthographe française, je pense qu’il est souhaitable de ne pas marquer le « s » du pluriel du français écrit puisqu’à l’oral cette marque du pluriel est généralement absente.

2.6.2. Désinences temporelles Le camfranglais respecte généralement la structure du français. Comme je l’ai dit ailleurs (Féral 2005), on note cependant une omission de la marque désinentielle pour les mots empruntés lorsqu’elle est ressentie comme redondante. Ainsi la marque du participe passé est généralement absente dans un temps au passé composé puisque l’auxiliaire "avoir" donne déjà l’indication sur le temps mais la désinence de l’imparfait est bien présente. Doit-on alors la noter en phonétique ou conformément à l’orthographe française ?

Soit l’exemple :

(29) quelque part je mimba-ais qu’il allait recame (C)

Ecrire la désinence de l’imparfait en phonétique « mimbaje » ou « mimba-e » nuirait, à mon avis, à la lisibilité du corpus et ferait perdre de vue que la structure du camfranglais est bien celle du français. Garder le « ais » du français me paraît donc justifié.

De même dans :

(31) il est comot premier en beginnant par derrière (B)

Noter conformément à l’orthographe du français la marque du participe présent me paraît être la bonne solution . En revanche, les deux « n » de beginnant me semblent être le fait d’une graphie francisante. Je suggère de séparer la marque morpho-syntaxique, écrite conformément à l’orthographe française, du lexème, qui serait écrit phonétiquement : bigin-ant.

2.7. Propositions

Je propose donc une transcription phonétique très large, une transcription phonologisante, qui utilise les signes dont on dispose normalement sur notre clavier. Il n’est pas utile à mon avis de faire une distinction entre « o » ouvert et « o » fermé , « e » ouvert et « e » fermé. Les chuintantes (j’évite dans ce texte l’utilisation de symboles phonétiques qui ne seront peut être pas lisibles par les ordinateurs des lecteurs) peuvent être transcrites sh et j ( ex. : ledj, « village »). Le y peut transcrire, si nécessaire, la semi-consonne [j]. Il n’est pas utile non plus de noter les tons dans le cas d’emprunts aux langues à tons !

Il faut évidemment ne pas omettre, les chevauchements entre les locuteurs, les hésitations, les mots inachevés... Enfin, tout ce qui est caractéristique d’interactions orales authentiques et spontanées.

Pause : + note une pause courte, ++, une pause plus longue, etc.

Chevauchement : le soulignement marque le chevauchement entre deux locuteurs. ex. : L1 : quand le Bassa te lance la maladie c’est pour partir L2 : tu meurs (corpus Féral)

Segment incompréhensible : xxx (un « x » par syllabe, si possible).

Allongement syllabique :  : pour un allongement relativement court , :: lorsqu’il et plus long, :: : lorsqu’il est encore plus long, etc. ex. : il est parti depuis :: :

REFERENCES

BILOA, Edmond (1999) : "Structure phrastique du camfranglais" in G. Echu et A.W. Grundstrom (éds) : Bilinguisme officiel et communication linguistique au Cameroun, New York, Peter Lang.

FERAL, Carole de (2005) : « Décrire un « parler jeune » : la cas du camfranglais (Cameroun) », communication présentée au colloque : Des inventaires lexicaux du français en Afrique à la sociolinguistique urbaine, Paris, MSH, 28 février 2005. Actes à paraître in Le français en Afrique).

GOUDAILLIER , Jean-Pierre (2001) : Comment tu tchatches ! Dictionnaire du français contemporain des cités, Paris, Maisonneuve et Larose.

LABOV, William (1976) : Sociolinguistique, Paris, Editions de Minuit.

SEGUIN, Boris et TEILLARD, Frédéric (1996) : Les Céfrans parlent aux Français, Paris, Calmann-Lévy.

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