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Simon Joel Eloundou : La société camerounaise évolue mal

Qu'est ce qui a motivé la rédaction de votre livre ?
J'ai voulu m'attaquer aux problèmes des enfants de la rue, apporter un regard sociologique les problèmes que ces enfants rencontrent au quotidien. Je suis particulièrement sensible et contre ceux qui abandonnent leurs enfants dans la rue, tout comme je suis contre ces enfants qui abandonnent leurs parents pour se retrouver dans la rue.

Qu'est ce que vous savez des enfants de la rue pour prétendre écrire sur eux?
Le problème des enfants de la rue est un phénomène de société et on n'a pas besoin d'une expertise particulière pour écrire là-dessus. Il suffit simplement de regarder autour de nous et de se montrer un peu sensible à leurs problèmes. Quand vous passez en route, vous voyez des enfants de monis de 10 ans qui nettoient des voitures au feu rouge ou qui, une fois la nuit tombée fouille les poubelles pour se nourrir ou envahissent les devantures de magasins pour dormir. C'est dramatique et on n'a pas besoin de les avoir fréquenté longtemps pour avoir une nausée et écrire sur eux. C'est ce que moi j'ai fait.
Lorsqu'on voit l'ampleur du phénomène des enfants de la rue on est bien tenté de s'interroger sur l'avenir du la jeunesse camerounaise. Il y a quelques années, le problème ne se posait pas dans les mêmes termes. Cela signifie donc que la société évolue mal. Beaucoup d'enfants se retrouvent dans la rue parce qu'ils sont des enfants naturels ou qui n'ont pas été désiré par leurs géniteurs. C'est une question de responsabilité.

A qui votre livre est-il destiné?
Je n'ai pas une cible particulière. Mon style est personnel. J'écris pour combattre les problèmes de la société et partant pour son bien-être. Je ne fais pas de fiction et je ne ferai jamais de fiction. Je pense que les problèmes sont nombreux et très sérieux pour qu'on puisse encore vouloir les mettre en scène. Il faut peindre la réalité comme elle est.
Je regrette aussi que dans un pays comme le nôtre, le gouvernement soit incapable de trouver des structure d'acueil et d'encadrement pour les enfants de la rue et les enfants abandonnés. On ne peut pas prétendre que les enfants et les jeunes sont le Camerun de demain alors qu'on arrive pas à trouver les conditions adéquates pour leur évolution dans la société.

" L'enfant africain " est votre premier livre. Quels sont les problème s que vous avez rencontrés dans sa rédaction ?
J'ai eu la chance de tomber sur un bienfaiteur au cours d'une soirée de gala. Je lui ait parlé de mon manuscrit et il a bien voulu financer mon livre. C'est un monsieur qui travaille aux brasseries du Cameroun. J'ai aussi eu la chance de rencontrer Bassek ba Kobhio, pas le promoteur des Ecrans noirs ou le cinéaste, mais l'écrivain, auteur de "Sango Malo" ou encore de "La fin du maquis". lequel a bienvoulu préfacer mon livre. Les éditions Terre africaine qu'il dirige ont bine voulu l'éditer également. Et je pense que c'est un acte courageux parce que j'ai choisi la poésie qui ne se lit pas beaucoup d'abord parce que c'est un genre complexe. Mais en général les Camerounais ne lisent pas beaucoup. L'une des raisons est que les livres coûtent chers. Heureusement le mien ne coûte que 1500Fcfa et on peu le trouver à la librairie Saint Paul.

Source : http://www.quotidienmutations.net/
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