%%

Dédicace : Patrice Ndedi Penda témoigne contre la corruption

Dans sa traque des détourneurs de fonds publics, le président de la République, Paul Biya, ne promet pas des lendemains plaisants à ces gestionnaires indélicats. Le chef de l’Eta a créé la Commission nationale de lutte contre la corruption. Un organe qui remplace l’Observatoire national de lutte contre la corruption (Onlc), qui semble avoir été dépassé par le fléau. Au sein de cette structure aujourd’hui dépassée, Patrice Ndédi Penda a officié comme membre. Le travail qu’il effectue avec les autres membres de l'Observatoire est limité par plusieurs entraves aussi bien institutionnelles qu’individuelles. L’auteur de "Des milliards en fumée" est abasourdi par des écarts de comportements de ceux-là mêmes qui disent lutter contre la corruption au sein des ministères et mêmes des représentations diplomatiques comme au consulat de France à Douala.

Traumatisé et parce qu’il se dit patriote, l’écrivain dramaturge décide de laisser par écrit son expérience au sein de cette structure. Il propose par ailleurs dans son ouvrage "Cameroun, les parrains de la corruption", publié l’année dernière par les Editions Clé, et dont la dédicace a eu lieu vendredi 28 juillet dernier, des alternatives pour combattre ce qu’il est convenu d’appeler la " gangrène ".
Le sujet a soulevé un vif débat dans les locaux de la librairie Clé. Les différents invités sollicités pour cette occasion avaient, à un moment donné de leur vie, géré des ressources publiques. Ebenezer Njoh Moullé, l’auteur de "De la médiocrité à l’excellence", a eu quelques mots durs à l’endroit de ceux qui gèrent les biens du pays. Il a pointé un doigt accusateur sur l’impunité qui a émaillé la gestion publique au Cameroun. Pour lui, "il faut se poser la question de savoir comment on en est arrivé là" Cet ensemble de faits entraîne, pour l’ancien secrétaire général du Rdpc, un questionnement sur l’autorité de l’Etat.

Garga Haman Adji, " le pêcheur de baleines " a, quant à lui, estimé que la corruption est un phénomène qui " tue notre pays et salit les Camerounais ". "Lorsque l’on se présente comme camerounais à l’étranger, a-t-il poursuivi, si c’est un homme, on dit que c’est un corrompu et s’il s’agit d’une femme, on déduit que c’est une prostituée ". Garga Haman Adji n’a pas manqué de se référer à l’ancien régime pour trouver des esquisses de solutions à ce "Vih administratif", qui semble condamner l’avenir d’un pays pourtant très riche.
Pour le président de l’Alliance pour le développement et la démocratie (Add), le coup d’Etat d’avril 1984 a créé un climat d’incertitude dans l’avenir de certains hauts dirigeants de la nation. Ce qui a amené ces derniers à mettre en place un système et des mécanismes pour piller les caisses de l’Etat et se mettre à l'abri du besoin au cas où ils seraient évincés de leurs postes. Près de vingt ans après, la " gangrène " est très avancée et il faudrait une amputation des mentalités, de l’avis de Patrice Ndédi Penda, pour mettre fin à ce phénomène au Cameroun. Car, le noyau est si dur que cela n’augure pas de meilleurs lendemains pour les jeunes générations. L’ouvrage coûte 4.000 Fcfa et il est disponible à la librairie Clé.

Quotidienmutations
0 comments
Report            

Recent News